Les jeux de pouvoir dans les systèmes familiaux

Encore à l'heure actuelle, il est d'avantage fait allusion aux violences physiques, aux coups portés dans les familles : les radios en parlent, la télévision montre des violences, la presse écrite en fait les titres de journaux ; Or, la pire violence n'est pas toujours la plus visible, la pire violence est celle qui peut laisser des traces indélébiles.

 

Mon propos est d'évoquer l'existence de ces violences psychologiques qui s'exercent dans les familles, leur subtilité et leurs répercussions. Violence qui a toujours existée mais qui du fait de sa subtilité car, aussi subjective, est plus difficile à repérer.

Freud en son temps a évoqué l'existence de la violence en chacun de nous celle que nous ne voulons pas voir en raison probablement de notre peur de celle qui sommeille en nous. Le même Freud a observé que la civilisation avait fait un pas décisif le jour où l'homme substitua l'injure à la lance. Mais est-ce si sûr ?

Le terme de violence recouvre des réalités très diverses : certains mots tuent tout aussi sûrement que des coups et peuvent faire de gros dégâts. La violence psychologique s'articule autour de plusieurs axes de comportements, d'attitudes qui constituent des « micro violences » . Il y a des mots, (menaces, cris, insultes..) qui servent à mettre sous tension, à insécuriser, et la façon de les dire (tonalité, débit..) est un procédé destiné à mettre l'autre sous emprise et à créer des peurs.
Cette violence ne concerne pas plus un milieu social qu'un autre, il existe des individus violents dans tous les milieux.
Si on ne peut pas la réduire à un simple phénomène social ou culturel, elle comporte aussi des éléments psychologiques.

En étudiant les « profils psychologiques » des agresseurs nous pouvons voir que la plupart sont persuadés qu'ils ne font que répondre à une agression et il n'y a chez eux aucune intention consciente de faire du mal. Inutile de stigmatiser un type de personne ni d'établir une typologie, mais nous nous intéressons plutôt aux modalités d'agressions selon les caractéristiques psychologiques des auteurs.

Des facteurs de vulnérabilité facilitent l'accrochage à des actes de violence psychologique et diminuent ainsi les défenses de la personne et ce, en fonction de son histoire infantile, qui va lui permettre de tomber dans le piège de l'agresseur qui, lui, va exploiter les failles de l'autre.

En guise de conclusion nous pouvons constater les effets dévastateurs de la violence psychologique tant sur la santé physique que sur la santé mentale qui peut ébranler tout le système familial. Si, les conséquences physiques de la violence sont plus faciles à repérer, les plus graves sont incontestablement psychologiques. Les traces d'une agression physique finissent par s'estomper, tandis que les injures, les humiliations laissent des marques indélébiles. La personne sous emprise, sous le pouvoir de l'autre, n'est plus maître de ses pensées, tout son psychisme est envahi par l'autre, elle perd tout son espace mentale. Comment la famille peut fonctionner sainement, comment se communique-t-on ?

Bibliographie :

  • BADINTER E, « Fausse Route » Odile Jacob,Paris,2003
  • STEINER Cl, « L'autre face du Pouvoir » Desclée de Brouwer
  • MILLER ALICE, « C'est pour ton bien » Racines de la violence dans l'éducation dans l'éducation de l'enfant. Ed Aubier
  • FORWARD Susan, « Parents toxiques » Comment échapper à leur emprise. Stock
  • NAZARE-AGA Isabelle, « Les manipulateurs sont parmi nous » Editions de l'Homme Articles :
  • MASSEY R, Passivité, « Paradoxe et changements dans les systèmes familiaux, AAT 34
  • RAMOND C, « La violence dans la jeunesse » , AAT 94.


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