Les sentiments de honte et de culpabilité sont rarement reconnus parce que s’y substituent d’autres sentiments tels que la résignation, la confusion… Ces sentiments peuvent être paralysants et destructeurs. Ils se transmettent de génération en génération suite à des événements tragiques et douloureux vécus dans le passé. Ces sentiments éprouvés constituent toutefois un lien entre les générations.
C’est ainsi que deux hommes d’âge très mur (80 ans), l’un fils de mère juive portant un nom hébraique, et l’autre fils de nazi, portant un nom germanique, se sont rencontrés, se sont parlés, se sont livrés à cœur ouvert.
De cette rencontre est née un documentaire puis un livre. Les deux hommes racontent le récit de leur enfance, de leur rencontre, et de ce qu’ils sont devenus : l’un avocat bruxellois et pianiste de Jazz, l’autre sculteur et dessinateur. Ces hommes se sont aidés à se libérer d’un poids du passé porté en raison de sa famille par l’un, qui se sent coupable, et l’autre trouvé seul au monde, qui se sent victime, et qui n’éprouve aucune haine, « seulement du chagrin pour le bonheur qui a été aveuglement détruit ». De par leur rencontre, leurs échanges, ces deux hommes se sont libérés de leur statut de victime et de fils de bourreau, et leur histoire devient celle d’une amitié très grande. Ils auront peut-être ainsi rompu la tranmission du scénario familial tragique à leur descendance.
En savoir plus…
- GRONOWSKI, S., TINEL, K., VAN REYBROUCK, D. Ni victime, ni coupable, enfin libérés. Ed. Renaissance du Livre, 2013.
- NEUBURGER, R. Les familles qui ont la tête à l’envers : Revivre après un traumatisme. Ed. Broché, 2005.
- CYRULNIK, B. Mourir de dire. La honte. Ed. Odile Jacob, 2012.
- TISSERON, S. Le bon usage de la honte. Ed. Ramsay, 1998.
- DE GAULEJAC, V. Les sources de la honte. Ed. Desclée de Brouwer, 1996.
- TISSERON, S. La honte, psychanalyse d’un lien social. Ed. Dunod, 1992.
